Languages

Caterina Annovazzi


  • Art numérique
  • Peinture
  • Livres

Exhibition
Artist Statement
 La course poursuite du jeune Tazzano est-elle la métaphore d’une autre, celle de l’artiste Caterina Annovazzi, fuyant comme Max l’opacité du monde pour la faire resurgir en lumière, en éclats de rêve, en brisures de l’âme ? Derrière les errances du héros, ne croise-t-on pas les déambulations d’une artiste un peu sauvage, un peu solitaire, qui plonge à corps perdu dans le corps de ses fantasmes sous la surface polie du monde ?

Si Tazzano explore le monde pour retrouver Max, elle explore, quant à elle, l’intime, la part invisible d’une conscience aiguisée jusqu’à la douleur, et ce voyage à l’intérieur de soi que laissent entrevoir ces estampes inédites où l’élémentaire se fraye un chemin jusqu’à nous. C’est une sarabande sensorielle où le voyage nous entraîne, des explosions volcaniques au silence abyssal des fonds marins, tandis que surgissent non point des portraits, mais les figures de son hallucinant périple au centre de la terre. Comme Tazzano, qui reprend ses esprits sur le divan de son psychanalyste, puis replonge, nous restons haletants devant cette quête onirique forcément troublante, forcément inachevée. Le rêve est-il la lecture la plus vraie du réel ?

Cette fantaisie en noir et blanc comme le négatif d’une nuit blanche, dessine lentement les contours de ce rêve éveillé où nous entraîneront les expositions futures de l’artiste : une Citta Sommersa où l’on se baigne avec ravissement comme les Naïades des forêts antiques, ou l’or précieux de Phile, qui s’accroche à vos yeux comme les pépites des mines du Pérou sur les doigts des chercheurs d’or, l’insolite jaillissement de Voûte céleste aussi, où le cosmos se métamorphose en élans et en courbes qui rappellent le baroque tumultueux et rebelle d’une autre époque.

L’oeuvre de Caterina Annovazzi est un cri qui n’en finit pas de retentir à l’intérieur de nous, déchiré, flamboyant, comme la question à jamais béante du sens du vivant, et de la fonction de l’artiste dans un monde où le rêve s’englue comme un oiseau pris au piège. Il reste cette bouche ouverte qui veut à tout prix faire entendre les chants invisibles du silence.

Charlotte Cabot, Agrégée de Lettres